non narration

Vous ne retrouverez pas directement Magritte dans les dessins de Sara Favriau, peut-être seulement un bout de son chapeau. Car comme devant les œuvres du maître, il faut regarder les dessins de Sara à deux fois, à trois fois même, pour saisir les multiples mondes qui s’offrent à nous, et leurs divers niveaux de lecture. Vu de loin d’abord, nous distinguons un amas de points, un nuage d’éléments, ponctué par quelques éclats colorés. Si nous nous rapprochons, nous découvrons une multitude de scénettes, tableaux à la fois du quotidien et de l’imaginaire, entremêlant la réalité et la fiction. Des espaces théâtralisés qui vivent leur vie compartimentée, qui peuvent être associés et fonctionner ensemble pour donner un panorama, et nous conter d’innombrables histoires.
Si l’on regarde d’encore plus prêt, il est possible de voir derrière une fenêtre cassée pour comprendre qu’il nous reste encore beaucoup de détails cachés à découvrir, comme une proposition à gratter le vernis de ce décor de bande dessinée. Si l’on a encore du temps pour regarder, et que l’on fait l’aller-retour avec les titres donnés aux dessins, on comprend mieux la filiation avec Magritte et l’amour commun de l’humour, des doubles sens, qui permettent à chacun des associations d’images et de mots.

Il ne s’agit donc pas de reprise pure, d’une citation littéraire au pied de la lettre, même si les connaisseurs reconnaitront quelques motifs. Il s’agit d’une véritable inspiration qui n’a rien de surréaliste, comme présence continue d’un modèle idéal qui permettrait à l’artiste de questionner sa pratique, et plus généralement la représentation. Les dessins de Sara Favriau sont précis, fins et précieux. A travers un jeu subtil de construction, chaque élément a trouvé sa place, aucun trait n’est dû au hasard.
Il se dégage pourtant de son travail une sensation de simplicité. Alors que l’on prendrait presque cette simplicité pour de la naïveté, l’artiste nous dévoile une qualité du regard, une présence au monde qui encourage la contemplation, comme nous y invitait le travail de Magritte.
Cécile Welker   

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